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Nigeria : ces trois puissances européennes vont investir 1 milliard dans les ports de Lagos

Une coalition européenne autour d’un chantier colossal

Pologne, Suède, Royaume-Uni : c’est un front européen inédit qui s’est constitué pour financer la rénovation des deux principaux ports de Lagos. La Pologne, via son agence de crédit Kuke, réassure le prêt à hauteur de 530 millions de dollars, avec une participation minimale d’entreprises polonaises sur le chantier évaluée à 170 millions de dollars. La Suède, par l’intermédiaire de sa banque publique à l’export Svensk Exportkredit (SEK), contribue pour 150 millions de dollars — une étape supplémentaire dans le rapprochement entre Abuja et Stockholm entamé lors de la visite de la princesse Victoria au Nigeria en avril 2025. L’ensemble est structuré par Citibank, avec la participation de Barclays, et coiffé d’une garantie à l’export de l’agence britannique UKEF.

Un accord signé dans le sillage d’une visite d’État

C’est à Londres, en marge de la visite du président Tinubu — première visite d’État d’un dirigeant ouest-africain au Royaume-Uni depuis 37 ans —, que la Nigerian Ports Authority a officialisé le 19 mars la signature de ce financement de près d’un milliard de dollars. Les travaux de rénovation des ports d’Apapa et de Tin Can Island sont confiés à Hitech Construction et ITB Nigeria, deux entreprises de l’homme d’affaires libano-nigérian Gilbert Chagoury. British Steel fournira pour sa part 120 000 tonnes d’acier dans le cadre d’un contrat de 70 millions de livres.

Pourquoi ces ports sont-ils si cruciaux pour le Nigeria ?

Les ports d’Apapa et de Tin Can Island traitent à eux seuls 70 % des importations et exportations du Nigeria. Leur vétusté pèse lourd sur l’économie nationale : les délais de traitement des marchandises peuvent s’étirer sur plusieurs mois dans ces installations vieillissantes, construites pour Apapa dès les années 1920 sous l’administration britannique. La modernisation devrait permettre d’accélérer le dédouanement, réduire les frais de surestarie et les coûts logistiques, et rendre le système de transit des marchandises plus prévisible.

Ce chantier en dit long sur la place des ports dans l’économie nigériane. Première économie d’Afrique subsaharienne, le Nigeria reste pourtant structurellement dépendant d’infrastructures portuaires sous-dimensionnées face à la croissance de ses échanges. La modernisation des deux ports devrait renforcer la compétitivité du Nigeria dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), améliorer les recettes hors pétrole et attirer des investissements étrangers. À terme, c’est toute la capacité du pays à diversifier son économie — encore très exposée aux revenus pétroliers — qui se jouera en partie sur les quais d’Apapa et de Tin Can.

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