C’est désormais officiel : la réhabilitation de la route Uplands-Githunguri-Ruiru, longue de 44 kilomètres et connue sous la référence B116, a été confiée à la société chinoise Shengli Engineering Construction Company Limited, pour un montant de 4,06 milliards de shillings kenyans, soit environ 31 millions de dollars.
Un axe stratégique pour le Grand Nairobi
L’importance de ce chantier dépasse largement sa taille modeste. Ce tronçon doit relier deux des axes routiers les plus fréquentés du pays : l’autoroute Nairobi–Nakuru au niveau d’Uplands, à l’ouest, et la Thika Superhighway à Ruiru, à l’est. En d’autres termes, il permettra aux usagers de contourner le centre de Nairobi pour passer d’un grand couloir à l’autre, ce qui devrait significativement soulager la congestion chronique de la capitale.
Lors de la mise à niveau, la route sera portée aux normes bitumées et comprendra un revêtement de surface, un système de drainage et des aménagements connexes. Les travaux, dont le contrat a été signé début janvier 2026, doivent s’achever en mars 2030.
Shengli face à trois concurrents kenyans
Le contrat a été attribué à Shengli Engineering Construction le 7 janvier 2026. La société fait partie du groupe Sinopec Petroleum Engineering et dispose de qualifications de premier rang pour les contrats généraux de construction, notamment en ingénierie routière. Elle était en lice face à trois entreprises locales — Interways Works, Nyoro Construction Co et Wak Construction — qui n’ont pas franchi l’étape de l’évaluation préliminaire.
Un précédent embarrassant
Ce n’est pas la première fois que ce tronçon fait parler de lui. En 2018, un autre groupe chinois, China Gansu Engineering, avait déjà été chargé de réhabiliter cet axe lors d’une cérémonie de lancement présidée par William Ruto, alors vice-président. Le projet s’était ensuite enlisé dans des controverses : l’entreprise avait été condamnée en 2020 à payer une amende d’un demi-million de dollars après s’être approvisionnée en gravier sur un terrain appartenant à un ancien ministre kenyan.
La Chine, bâtisseuse en chef du Kenya
Ce nouveau contrat s’inscrit dans une tendance de fond. Depuis une décennie, les entreprises chinoises accumulent les marchés d’infrastructure au Kenya : chemin de fer Mombasa–Naivasha, autoroute express de Nairobi, terminal pétrolier de Mombasa, et désormais la grande autoroute Nairobi–Nakuru confiée fin 2025 à la China Road and Bridge Corporation pour 1,5 milliard de dollars. À chaque appel d’offres, les groupes chinois — souvent adossés à des entreprises d’État et à des financements souverains — se positionnent avec des offres compétitives que les acteurs locaux et occidentaux peinent à concurrencer. Ce modèle séduit les gouvernements africains en quête de chantiers rapides et financés, même si la question de la dette et du transfert de compétences vers les entreprises locales reste entière.



